dimanche 8 juillet 2012

Piscobamba - Huari - La Union

Nous avons entame une nouvelle journee en balcon avec une vue sur la Cordillere Blanche. Jusqu en debut d apres midi, ce sentier frequente par les Peruviens, nous a conduit sur les hauteurs d une profonde et  etroite quebrada (vallee). Bien entendu, c est un obstacle que nous avons du franchir. Dans cette descente, toute trace de vie humaine a disparu pour laisser place a une vegetation aride et etonnante. Le fond de ce canyon nous a reserve une belle surprise, le presque autentique pont Inca Pukayaqu. Refait regulierement et soutenu par 2 cables en acier caches, il est tout de meme marque par le temps et c est avec attention que nous avons du le franchir, afin de ne pas passer a travers.
S en est suivi, une raide et longue montee de 1000 metres de denevele, en plein soleil et sans eau. C est eclaire par la lune que nous avons termine notre journee, la plus rude de notre voyage (10h de marche pour 26 km avec un denivele de +1650/-1670 m) au village de Yauya.




Le lendemain, nous avons grimpe vers un col a 4380 metres d altitude afin de passer les deux jours suivants dans une pampa a plus de 4000 metres. Un magnifique troncon du Qhapaq Nan, encore bien preserve, nous a permis de le suivre sans difficulte. Pluiseurs belles ruines se trouvaient sur les bords du chemin, comme le tambo de Maracalla et celles de Pallahuanchaga. La Cordillere Blanche s offrait toujours a nous nous permettant, de nouveau, de faire un magnifique bivouac… Au frais.
En perdant de l altitude, nous avons retrouve la civilisation, dans une vallee fertille et agricole. De la, nous avons rejoins une piste frequentee qui, traversant des villlages et des hameaux, nous a conduit jusqu a Huari.





Nous avons pris une journee de repos, afin de visiter le site de Chavin de Huantar. Ce temple fut fonde par la civisation Chavin, une culture pre-Inca (voir sur notre site la page "L histoire"). La particularite de ce site reside surtout dans l amenagement de nombreuses galeries souterraines.




Nous avons quitte Huari par une variante tracee maison car, sur les 10 kilometres qui suivaient, le Qhapaq Nan etait bitume et la circulation presente. Une fois rattrape, nous avons rejoins le depart du trek Inka Naani. Ce trek a ete mis en place par le ministere de la culture afin de promouvoir le Qhapaq Nan, mais une mauvaise communication en fait un circuit tres peu frequente. Pourtant, il est magnifiquement preserve. Il nous a fallut deux jours pour atteindre un col a 4400 metres d altitude. Nous avons eu la chance de pouvoir gravir des escaliers qui etaient deja empruntes a l epoque Inca, de passer devant des Ushnu (temple) et Tambo (auberge) (voir sur notre site les pages "Le chemin royal" et "Les vestiges").
Si nous attachons autant d importance au chemin Inca, c est au en plus de notre voyage, nous participons au projet Qhapaq Nan (http://www.qhapaq-nan.org/). Tout au long de notre parcours, nous effectuons un inventaire géo-référencé centré sur les paysages culturels et sociaux (voir sur notre site les pages "Le projet").




Les deux jours suivants se sont deroules dans une meme grande vallee profondement isolee, toutefois habitee, eparpillee de fermes et de hameaux. En ce lieu depourvu de modernite (ni route, ni electicite), le chemin Inca est toujours emprunte par ces habitants de fond de vallee. Les deplacements se font uniquement a pied, a cheval ou a dos d ane, a tout age. Les animeaux d elevage (vaches, taureaux, cheveaux, moutons, cochons et alpagas), bien plus nombreux que les villageois, occupent une place centrale dans ce quotidien. A cote de cela, curieusement, les cultutres sont quasiment inexistantes. Mais nous avons observe plusieurs caravanes de mulets, lourdement chargees de sacs de provisions, remontant la vallee.




Apres ces quatres jours sur l Inka Naani, nous avons pris la direction de La Union, pour un jour de repos. Jour de repos = lavage des vetements, cirage des chaussures, reparation du materiel, mise a jour du blog... Et sources chaudes pour un bon decrassage !



mercredi 4 juillet 2012

Conchucos - Sihuas - Piscobamba

Voici avec un peu de retard, notre etape Conchucos - Sihuas - Piscobamba. Nous n avons pu la poster a Piscobamba, la village etait en fete, les cybers etaient fermes. Nous sommes aujourd hui, a Huari.

Nous avons quitte Conchucos, petite ville enclavee dans les montagnes, dans la fraicheur. L objectif du jour etait d atteindre un col a 4470 metres d altitude, une sacree grimpette nous attendait. Lors d une bifurcation, nous avons choisi le chemin qui grimpait le plus et qui etait marque par les plus belles pierres. Mais arrives a 4000 metres, au lieu de decouvrir le village de Tauli (de 13 habitants), nous tombons sur une belle bergerie. Le hameau etait en fait 300 metres plus bas. Une fois passe et de retour sur le Qhapaq Nan (le vrai), il nous a amene jusqu au col. La montee se fit sous la pluie, la grele et 2-3 rayons de soleil.
Juste sous le col, a l abri du vent se trouvent les ruines du tambo (auberge) de Pariachuco, que nous avons decouvertes sous une tempete de grele. Malgre une temperature nocturne negative, la nuit fut bonne grace a nos duvets et couches de vetements. Le lieu etait tout de meme magique pour le bivouac.




Le lendemain, le reveil se fit sous le givre et le brouillard, nous sommes parti emmitoufles (doudoune, gants, cagoule...). Notre principal objectif etait de perdre de l altitude et de quitter les nuages afin de gagner quelques degres. Toute la journee, nous avons parcouru le Qhaqaq Nan dans la meme vallee, d abord sauvage, puis parsemee de quelques bergeries, suivie de deux petits hameaux, pour finir dans la ville terne de Sihuas ou nous avons passe la nuit.
Au petit matin, arrives en fond de vallee, nous sommes remontes par une nouvelle, le long d une piste monotone qui nous a conduit a un petit village. C etait l heure de la sortie des classes et tous les regards se sont portes vers nous. Les enfants nous suivaient et les habitants nous observaient. Nous avons cherche refuge vers l eglise, mais celle ci etait en reparation, des dizaines de travailleurs nous regardaient avec insistance. Dans ce contexte, difficile de dejeuner a l abri des regards, la sensation d etre des animaux au zoo, nous a rendu mal a l aise. Heureusement, le bivouac au coin du feu, fut agreable pour terminer cette journee.






Au quatrieme jour, nous avons fait une belle journee en altitude a plus de 4000 metres, sur un chemin en balcon avec un panorama sur la Cordillere Blanche. Culminant a 6768 metres d'altitude, cette chaine de montagnes tropicale, qui s etend sur 180 kilometres, est la plus haute du monde.Ce jour la, nous n avons croise que vaches et taureaux ! Dans l apres midi, nous avons pose la tente face a la Cordillere enneigee. Ce fut l un de nos plus beaux bivouacs. Au reveil, aucun nuage a l horizon n etait la pour nous masquer la vue.
Nous avons continue sur une crete a travers champs pour rejoindre, apres une bonne journee de marche, le village de Piscobamba qui etait en fete : la fete pastorale de San Pedro et San Pablo. Nous etions a deux doigts de finir dans un hotel miteux, le plus correct etant complet.






dimanche 24 juin 2012

Huamachuco - Mollepata - Conchucos

Nous sommes partis pour plusieurs jours en haute montagne, loin des villes et villages, en commencant par rejoindre la lagune de Cushuro a 4000 metres d altitude. Sur le chemin, nous avons croise nos premieres vigognes qui nous ont observees d un air curieux. Le bivouac au dessus de la lagune etait superbe, malgre l orage, la pluie et la grele qui ont fait leur apparition 30 minutes apres avoir pose la tente. Nous avons tout de meme reussi l exploit de faire fonctionner notre rechaud a bois, a 4100 metres, sous la pluie et avec des racines comme combustible...




Le jour suivant, le Qhapaq Nan nous a amene a franchir 3 cols de suite a plus de 4200 metres d altitude, entrecoupes de magnifiques cirques. Le sentier etait toujours bien visible et les escaliers (datant de l epoque Inca) nous ont aides a grimper, surtout que nous etions charges de 4.5 litres d eau. Ce n est pourtant pas les cours d eau qui manquaient, mais ils sont pollues par les nombreuses mines se trouvant dans la region.
Dans l apres midi, un nouvelle orage et de fortes pluies ont rendus l orientation difficile dans un passage deja delicat. Apres quelques heures de galere, d humidite et de froid, par chance, nous sommes tombes sur une bergerie inocupee. Nous nous y sommes installes pour nous secher et nous rechauffer, et finalement, nous avons pose la tente a cote pour y passer la nuit.





Presque secs, nous sommes repartis dans un secteur ou nous avons fait le yo-yo avec le Qhapaq Nan. Visible de loin, il l etait beaucoup moins de pret. Ce qui fait que nous le perdions regulierement. Devaste par les pistes conduisant aux mines, dans des montagnes vertigineuses, nous avons arrete de le chercher, pour un chemin plus direct et pratiquable afin de rejoindre le village de Mollebamba qui etait en fete (fete du college). Puis une derniere descente, forte raide, nous a amenes au charmant village de Mollepata, un peu deserte (tout le monde etait a la fete de Mollebamba). Mais nous avons tout de meme pu y passer la nuit et decouvrir le micro-musee de momies pre-Incas.




Notre derniere journee s est poursuivie au fond d une quebrada (vallee) etroite, ou nous ne risquions pas d etre deranges par les vehicules. Un ancien eboulement ayant emporte une partie de la piste, cela a rendu ce passage delicat a traverser a pied. Nous nous sommes sentis tout petit face a ses gigantesques montagnes. Dans ce fond de vallee, la journee a alterne entre des roches grises et le brouhaha du torrent, avec des oasis verdoyantes plus tranquilles.
L arrivee au village de Conchucos s est fait dans la fete. Ils celebraient la journee des paysans : jeux, musiques et spectacles etaient au programme. Au soir, nous avons eu droit a des spectacles d enfants reconstituant la vie quotidienne paysanne.




Conchucos nous avait ete conseille comme etape de repos. Nous y sommes arrives en plus le jour de l anniversaire de Celia, nous en avons profite pour y rester afin de nous detendre.
(PS: merci pour vos messages, Celia)