dimanche 24 juin 2012

Huamachuco - Mollepata - Conchucos

Nous sommes partis pour plusieurs jours en haute montagne, loin des villes et villages, en commencant par rejoindre la lagune de Cushuro a 4000 metres d altitude. Sur le chemin, nous avons croise nos premieres vigognes qui nous ont observees d un air curieux. Le bivouac au dessus de la lagune etait superbe, malgre l orage, la pluie et la grele qui ont fait leur apparition 30 minutes apres avoir pose la tente. Nous avons tout de meme reussi l exploit de faire fonctionner notre rechaud a bois, a 4100 metres, sous la pluie et avec des racines comme combustible...




Le jour suivant, le Qhapaq Nan nous a amene a franchir 3 cols de suite a plus de 4200 metres d altitude, entrecoupes de magnifiques cirques. Le sentier etait toujours bien visible et les escaliers (datant de l epoque Inca) nous ont aides a grimper, surtout que nous etions charges de 4.5 litres d eau. Ce n est pourtant pas les cours d eau qui manquaient, mais ils sont pollues par les nombreuses mines se trouvant dans la region.
Dans l apres midi, un nouvelle orage et de fortes pluies ont rendus l orientation difficile dans un passage deja delicat. Apres quelques heures de galere, d humidite et de froid, par chance, nous sommes tombes sur une bergerie inocupee. Nous nous y sommes installes pour nous secher et nous rechauffer, et finalement, nous avons pose la tente a cote pour y passer la nuit.





Presque secs, nous sommes repartis dans un secteur ou nous avons fait le yo-yo avec le Qhapaq Nan. Visible de loin, il l etait beaucoup moins de pret. Ce qui fait que nous le perdions regulierement. Devaste par les pistes conduisant aux mines, dans des montagnes vertigineuses, nous avons arrete de le chercher, pour un chemin plus direct et pratiquable afin de rejoindre le village de Mollebamba qui etait en fete (fete du college). Puis une derniere descente, forte raide, nous a amenes au charmant village de Mollepata, un peu deserte (tout le monde etait a la fete de Mollebamba). Mais nous avons tout de meme pu y passer la nuit et decouvrir le micro-musee de momies pre-Incas.




Notre derniere journee s est poursuivie au fond d une quebrada (vallee) etroite, ou nous ne risquions pas d etre deranges par les vehicules. Un ancien eboulement ayant emporte une partie de la piste, cela a rendu ce passage delicat a traverser a pied. Nous nous sommes sentis tout petit face a ses gigantesques montagnes. Dans ce fond de vallee, la journee a alterne entre des roches grises et le brouhaha du torrent, avec des oasis verdoyantes plus tranquilles.
L arrivee au village de Conchucos s est fait dans la fete. Ils celebraient la journee des paysans : jeux, musiques et spectacles etaient au programme. Au soir, nous avons eu droit a des spectacles d enfants reconstituant la vie quotidienne paysanne.




Conchucos nous avait ete conseille comme etape de repos. Nous y sommes arrives en plus le jour de l anniversaire de Celia, nous en avons profite pour y rester afin de nous detendre.
(PS: merci pour vos messages, Celia)


mardi 19 juin 2012

Cajamarca - Cajabamba - Huamachuco

En changeant de pays a plusieurs centaines de kilometres, nous avons quitte l humidite de l Equateur, pour un climat chaud et sec au Perou. Il fait jusqu a 45ºc le midi au soleil. Ce qui n est pas pour nous deplaire...
Nous avons quitte Cajamarca par la rue de l Inca immortalisee par une statue d Atahualpa (dernier empereur Inca) et gagne rapidement le Qhapac Nan qui passe a travers des petits villages. Au Perou, le Qhapac Nan sera notre itineraire tout du long (voir sur notre site la page "Le Chemin Royal"). Les portions que nous venons d emprunter sont de toute beaute, mais le Qhapac Nan a evolue avec le temps, il sert maintenant de piste entre les differents villages. De ce fait, il est difficile de le differencier des autres pistes. Mais il se dinstingue par son cap, il va toujours tout droit, franchissant les obstacles se trouvant sur son itineraire.



Sur ce chemin, nous traversons aussi bien de grandes etendues sauvages avec de sublimes panorama, que des portions de chemins habitees et frequentees. Certains Peruviens sont parfois curieux de nous voir, alors que d autres sont un peu effrayes. Beaucoup marchent pour amener leurs petits troupeaux, de chevres, de moutons ou de taureaux, aux paturages. Au passage des taureaux, il faut etre prudent, ils s emballent vite !




Au soir, nous profitons des petits hotels et des restaurants de nos villages d etapes. De 10 a 20 Soles (3 a 6 €) la nuits et 5 a 10 Soles (1.5 a 3 €) pour la double portion, le plat de "Pollo a la brasa con papas fritas", il serait dommage de s en passer. Ces etapes, nous ont permis de decouvrir des villages diversifies. Namora un petit village agreable, San Marcos plus sombre et Mercado La Grama un grand marche et des thermes  (nous en avons bien sur profite !), pour arriver au bout de quatre jours a Cajabamba.



Notre derniere journee pour atteindre Huamachuco, a ete plus costaud que les precedentes. Une etape de presque 30 kilometres, marquee par de forts deniveles qui ne se cachaient pas. Nous pouvions apercevoir ce qui  nous attendait... Nos corps aussi sont marques... Des petits moucherons, noirs et jaunes, nous font la guerre depuis plusieurs jours. Ils sont minuscules, mais leurs demangeaisons perdurent plus de 3 jours !



Afin de visiter les sites archeologiques autour de Huamachuco, nous y sommes restes pour la journee. Le temple de Viracochapampa, a proximite de la ville, fut fonde par la culture Huari. Les Huaris (de l an 500 a 1000) etaient certainement la grande culture pre-Inca qui transmit les bases de la culture Inca (voir sur notre site la page "L histoire"). Aujourd hui, il reste de ce site essentiellement la grande esplanade centrale.


Puis, nous nous sommes rendus a la cite de Marcahuamachuco. La piste a flanc de montagne parcourue en mototaxi, fut presque autant spectaculaire que le site en lui meme. Perche en haut d une montagne a 3600 metres d altitude, il offre un panorama a 360º ! Ce grand site, fonde par les Huamachucos vers l an 400, presente de magnifiques ruines bien conservees. Lorsque les Incas sont arrives dans la region 1000 ans plus tard, la cite etait deja inhabitee. Depuis 3 ans, les archeologues sont sur place pour y faire de nouvelles decouvertes et restauter les ruines. Cette culture reste a ce jour enigmatique.



jeudi 14 juin 2012

Cajarmarca

Apres deux jours et deux nuits de bus, nous voila arrives a Cajamarca dans le Nord du Perou. Notre point de depart pour la traversee du second pays, en trois mois et demi.
Cajamarca est un lieu marquant de l histoire de l Empire Inca. Car c est ici en 1532, que les conquistadors capturerent l empereur Atahualpa. Apres avoir recolte une rancon pour sa liberation, d une dizaine de tonnes d or et d argent en provenance des quatres coins de Tahuantinsuyu, ils l executerent. Sa mort marqua la fin de l Empire Inca...



Aujourd hui, le contexte est tout autre. Les habitants de Cajamarca et de la region manifestent depuis une quinzaine de jours pour empecher le projet "Conga", qui consiste en l ouverture d une nouvelle mince d or, sur les hauteurs de la ville. Avec le slogan "Agua es la viva" ils defendent leurs ressources en eau, deja amoindries par les autres mines.




mercredi 13 juin 2012

Un mois en Equateur (resume)

Du village d Otavalo, au Nord de Quito, nous avons suivi la sublime "Allee des Volcans" pendant 25 jours sur 500 kilometres, au pied du Cotopaxi culminant a 5897 metres et d autres volcans jusqu’au village de Canar.

L Equateur, un pays qui, par sa position sur la ligne de l Equateur (d ou son nom) et sa geographie coupee en 3 ambiances (la Cote, la Sierra et l Amazonie), beneficie d une grande diversite de panoramas, de climats, de faunes, de vegetations et de cultures. L Equateur ne connait qu une saison seche et une saison humide, alternants tous les 3 mois. Vivaldi n aurait pu composer ses 4 saisons ici. Nous sommes partis a la fin d une periode de pluies, nous le savions donc... Nous serions mouilles...


Au depart d Otavalo, nous commencons notre marche. Une ville qui vit autour de ses marches et qui a eu un passe culturel tres riche. Plusieurs civilisations s y sont implantees, comme les Caras, Otavalos et Cayambes qui ont construit dans la region des temples et des forteresses avant de s etre fait conquerir par les Incas.



Notre premiere etape traverse la region du Fuya-Fuya. Un volcan culminant a 4263 metres d altitude, dont le nom signifie "nuage-nuage".... Nous n y echappons pas. La tete dans les nuages, les pieds a 3900 metres, nous parcourons cette montagne avec un panorama a couper le souffle, alors que nous en avons deja peu. Nous rejoignons ainsi Cayambe. Une ville au pied de son volcan du meme nom, culminant a 5790 metres d altitude. Sans oublier de faire une halte au site de Cochasqui, un site pre-Inca de la culture Cara dont il ne reste plus grand chose des 15 pyramides et des tombes. Malgre tout, il fait toujours l objet de recherches et de restaurations.

 



La seconde etape nous fait entrer petit a petit dans la region la plus humide des Andes Equatoriennes. Nous essuyons la pluie durant plusieurs jours. Mais heureusement les sources chaudes, issues d une terre volcanique, de Oyacachi et Papallacta sont la pour nous redonner du tonus. Cette region, marquee par l humidite, beneficie d une vegetation tres luxuriante et verdoyante, ainsi que d une population d oiseaux diversifies. Cela nous laisse imaginer que nous nous trouvons en Amazonie.


 


Commencant par un detour en bus a cause d une meteo execrable, rendant inaccessible les cols a 4000 metres, notre troisieme etape debute a Machachi. C est du coup sous un ciel bleu que nous rentrons dans le parc national du Cotopaxi. Un volcan culminant a 5897 metres d altitude et etant le plus haut volcan actif d Equateur. Cette marche et nos bivouacs, nous offrent egalement un panorama sur d autres volcans, comme le Ruminahui (4712m), le Sincholagua (4893m), le Illiniza (5263m) et le Chimborazo le plus grand et haut volcan d Equateur culminant a 6310 metres d altitude. Les etendues vastes et sauvages restent preservees malgre une affluence touristique, facilitee par les travaux en cours d extension de la piste de plus de 10 metres de large.




L etape quatre debute par des sentiers de campagne au milieu de villages et de champs, pour nous amener a Latacunga. Une belle petite ville coloree, aux ruelles charmantes, ou  nous apprecions de nous reposer. De retour sur la route, au milieu d immenses canyons, nous trouvons le soir l hospitalite Equatorienne. Les habitants nous ont souvent acceuillis a bras ouverts. Ces vallees fleuries et pourvues en fruits, qui sont la richesse principale de cette region, sont pour nous l occasion de decouvrir de nouvelles saveurs. Nous decouvrons egalement des villages marquants comme celui de Patate, qui se trouve au pied du volcan Tungurahua culminant a 5023 metres d altitude.





En cinquieme etape, nous passons par des pistes montagneuses au milieu de grandes etendues agricoles ou le chemin nous semble parfois long. Surtout que la "revolution de la modernite" est passee par la. Le bitume se dessine plus vite que les cartes, a notre grande peine mais au bonheur des locaux qui l appelle "la bonne route". Une pause a Riobamba, la plus grande ville de notre itineraire, nous permet d apprecier le festival dedie au 188 ans de la provincialisation de Chimborazo. De nombreux defiles de danses folkloriques en costumes traditionnels ont lieu a cette occasion.





A la sixieme etape, nous nous enfoncons dans la partie la plus reculee de la Sierra. Les villages ne sont plus de vrais villages, mais des communautes tres etendues ou les traditions et les coutumes sont encore tres marquees, ainsi que la langue Quechua (langue des Incas) bien presente. Pour exemple, celle d Osogoche, l une des communautes les plus isolees et qui ne compte qu une trentaine de familles. Nous effectuons ici une serie de tres beaux bivouacs aux pieds des montagnes et des lacs. C est dans cette region que nous passons la barre des 4000 metres, offrant des panoramas plus desertiques, ou les arbres fruitiers ont laisse place a de pauvres paturages.





Pour notre derniere etape, la magie Inca va se reveler. Nous empruntons le seul grand troncon intact du Qhapaq Nan (chemin Inca) en Equateur. Une piste herbeuse, large parfois de 4 a 6 metres et parfois bordee de pierres, qui sillonne a flanc de montagne jusqu a 4320 metres d altitude et qui nous amene aux ruines de Paredones, puis au site archeologique d Ingapirca. Une forteresse fondee par la culture Canar et qui est devenue par la suite, apres la conquete des Incas dans la region, un temple dedie au culte du soleil.





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